Le blog du Port Ariane

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La plaisance, véritable vecteur économique! (UVPLR)

Languedoc-Roussillon : les plaisanciers sont des touristes comme les autres !


Ils consomment, visitent et leur présence est bénéfique pour l'économie côtière. Des pistes pour développer ce secteur .

Bien que relativement récente (sa présence en Languedoc-Roussillon remonte à cinquante ans), la plaisance, qu'elle soit maritime fluviale ou lacustre, représente aujourd'hui une réelle opportunité de développement économique pour les régions détentrices de ports. En témoigne la multitude d'événements dédiés qui se développent autour de cette activité, comme “Les Nautiques de Port-Camargue” (Gard) et leurs 5 000 visiteurs, dont la 21e édition se déroulait du 3 au 6 avril ou le Salon international du multicoque qui a jeté l'ancre mercredi et jusqu'à dimanche à La Grande-Motte (Hérault). Tour d'horizon des nouveaux enjeux des ports de plaisance.

 

Un secteur économique qui doit évoluer

L'Union de villes portuaires du Languedoc-Roussillon (UVPLR) est une association qui regroupe une large part des ports de plaisance de la région. Les trente-quatre ports adhérents (dont 21 ports maritimes) sur les 66 que compte la région représentent aujourd'hui 80 % des 28 000 à 30 000 anneaux d'amarrage en Languedoc-Roussillon. "La plaisance est aujourd'hui un véritable vecteur économique dans un territoire donné", explique Jean-Claude Meric, secrétaire général de l'UVPLR et président de la commission qualité de la fédération française des ports de plaisance. "On doit montrer qu'au-delà du port, on s'ouvre sur une zone plus large que la ville d'accueil. On est dans la même logique que n'importe quel touriste." En effet, le plaisancier ne vient pas seulement pour amarrer son bateau ; il y a donc une réelle mutation à opérer dans ce secteur.

Salon international du multicoque de La Grande-Motte

Le Salon international du multicoque de La Grande-Motte se prolonge ce samedi 18 avril de 10 h à 19 h et dimanche 19 avril de 10 h à 18 h , Terre-plein ouest du port. Tarif : 7€, gratuit pour les moins de 16 ans et les étudiants. Infos : www.multicoque-online.com

"Nous testons une charte tourisme dans une vingtaine de ports"Jean-Claude Meric de l'UVPLR

"Et ce n'est pas gagné ! Si les élus ont globalement bien saisi l'intérêt économique d'un port de plaisance, leurs gestionnaires sont encore souvent réticents à ce type de démarches. D'où notre commission “tourisme et qualité”." Il s'agit par exemple de mettre en place un système de classement des ports en fonction de la qualité et de la diversité d'équipements et de services proposés. Comme pour les étoiles des hôtels mais avec des Phares (de 1 à 4) : la propreté, la qualité de l'accueil, la présence d'éco-gare, de matériel de levage ou encore du WiFi… sont jaugées.

Une vraie logique de tourisme a été élaborée. "Nous expérimentons actuellement cette charte dans une vingtaine de ports français (Saint-Cyprien, Gruissan, Port-Camargue et La Grande-Motte pour la région, NDLR) et nous attendons la validation de cette démarche touristique par le gouvernement en octobre", ajoute M. Meric.

Treize ans après une première étude intitulée “l'avenir de la plaisance et des activités nautiques en Languedoc- Roussillon” (2002), une nouvelle enquête a été menée par la Région Languedoc-Roussillon et ses résultats seront diffusés mi-mai. "On est vraiment en attente de cette étude car elle représente un réel enjeu en termes d'axes de réflexion pour le développement de nos activités. Est-ce que le chiffre d'affaires des ports de plaisance a bougé ? Est-ce qu'il y a eu plus d'emplois ? Beaucoup de questions sont en attente de réponses", s'enthousiasme le secrétaire général de l'UVPLR.

De 600 et 700 M€ de CA en 2002

En 2002, l'impact économique de la plaisance avait été estimé entre 600 et 700 M€, 400 emplois directs et 5 000 à 6 000 indirects en Languedoc-Roussillon. "Nous avons connu une belle croissance depuis, malgré le choc de 2008. Tous les ports sont aujourd'hui saturés. Il faut donc que l'on affine de manière régionale les profils de la clientèle. Quelle est-elle ? Comment va-t-elle se renouveler ? Faut-il faire des extensions de port ? Quels nouveaux services apporter ? Car c'est la clef. Le service est ce qui différencie un port plein d'un autre. À Gruissan, nous proposons par exemple des voitures et des vélos électriques à la location pour que nos clients puissent sortir de la ville ou aller faire leurs courses."L'UVPLR attend beaucoup du volet de l'étude qui concernera le profil des plaisanciers. "Sans avoir les résultats officiels, au vu de ce que l'on vit au sein de nos ports, on peut déjà dire que la clientèle est vieillissante. Que peu de jeunes accèdent à la propriété. Que les pratiquants se dirigent de plus en plus vers l'achat collectif de bateaux... Cela engage déjà pas mal de réflexions", conclut M. Meric.

Un sommet européen des destinations portuaires

Le 1er Sommet européen des ports de plaisance et destinations portuaires se déroulera à Montpellier le 19 mai prochain, au Corum. Il réunira plus de 400 élus, experts et gestionnaires de ports de plaisance européens qui échangeront sur le rôle de la plaisance. Dans une optique de “croissance bleue”, ils imagineront les développements économique et touristique de demain dans les régions méditerranéennes. Le tourisme maritime et côtier constitue aujourd’hui un moteur essentiel pour l’économie de nombreuses régions côtières et îles, en Europe. Ce tourisme représente, à l’échelle européenne, 4 000 ports, près de 3,2 millions d’emplois, 183 milliards d’euros en valeur ajoutée brute pour l’économie de l’UE, et plus d’un tiers du produit brut de l’économie maritime. Aménagement, ingénierie et conception, marketing territorial, responsabilité sociale, formation, environnement : l’objectif est de favoriser les échanges de points de vue entre régions européennes, sur la création de territoires portuaires.


20/04/2015
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